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Dans le Shivaïsme du Cachemire, l'absolu est à la fois connaissance et activité de l' Ishvara. Il se distingue donc du Brahman inactif de l'advaita vedanta par l'acte quintuple d'émanation, de maintien, de résorption, de dissimulation (de sa nature réelle), et de grâce (révélation de sa nature réelle). Selon cette philsophie, il accomplit ces cinq actes éternellement, même quand il prend la forme d'un ego individuel (jiva). Sans activité, l'être divin serait incapable de susciter quoi que ce soit. Si c'était le cas, selon Mahesvarananda, il « ne vaudrait pas plus que s'il était irréel. »
Ensuite, Mâyâ est l'énergie (Shiva mayi) par laquelle il suscite volontairement la multiplicité. Mâyâ (représentant généralement l'illusion dans l'hindouisme) est ici bien réelle. Toute trace d'illusionnisme est proscrite. En conséquence, l'univers est dit réel. Le non-dualisme shaiva est intégral et réaliste. Il met en garde les partisans de la vacuité qui risquent de se perdre dans le stade du vide au lieu de réaliser leur divinisation dans le monde réel.
C'est donc la différence importante avec les voies hindous qui enseignent que l'univers est une illusion. Le Shivaïsme Cachemirien est donc très adapté à la pensée occidentale, en fait. Il intégère toutes les réalités sensorielles de la vie et ne nie pas le plaisir d'exister et encourage au contraire la jouissance de la vie.
Abhinavagupta, au Xème siècle, dans son Tantraloka expose une non-dualité très moderne. Nous ne disposons pas pour l'instant de traduction française.
Mais en fait, en France, des auteurs comme Jean Klein, Eric Baret, Daniel Odier ou au Québec, Jean Bouchart d'Orval enseignent à partir de la tradition du Shivaïsme cachemirien. Dans son dernier ouvrage, Jean Bouchart d'Orval décrit avec précision les lignées historiques de ce Shivaïsme cachemirien, et nous rapporte quelques uns des enseignements si précieux de cette lignée qui a frôlé l'extinction. Le Shivaïsme cachemirien est un pur joyau, longtemps secret, et maintenant exposé à vos yeux...
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